J’aime cuisiner, j’aime vinifier. Avec de beaux raisins, je fais ma cuisine et après un mois de travail dont 60 % du temps à nettoyer les cuves, les tuyaux les pressoirs, etc., le raisin deviendra Vin.
Vers la mi-septembre, les grappes arrivent bien fraiches (vendange le matin uniquement) et par gravité elles tombent dans les cuves inox ou béton.
L’idée est de n’ajouter aucun additif ni sulfites, ni levures, ni enzymes, ni azote, et de travailler le plus simplement possible : un peu de remontage, quelques pigeages pendant 3 ou 4 semaines. Après des presses tout en douceur et un bon soutirage, les vins prendront le chemin de l’élevage.
Il n’y a pas de recette miracle pour une bonne vinif, tous les jours je me précipite pour écouter chaque cuve. Je goute les mouts, je les sens, je les suis, chacun avec leur particularité : cette année la syrah cuve N° 5 sent la mure et l’encre, la cuve de grenache non éraflée est moins « poivrée » mais plus ronde que celle de l’année dernière et le blanc a mis du temps pour finir sa fermentation alcoolique. Quel plaisir de participer à la naissance du nouveau millésime. Mais ce que je souhaite, c’est surtout interférer le moins possible dans le processus de la vinification, et permettre aux vins d’être la plus fidèle expression de la terre et de la vigne du Domaine de La Réserve d’O.